666STREAM 004

KELYBOY : cador de l'urbancore

© Otto Zinsou

From The Unelikely Boy to KELYBOY mais toujours au-delà du mur du son sur les routes qui la mène du rap à la rave... C'est en gardant toutes ses influences musicales avec elle, sans rien sacrifier ni laisser de coté, qu'elle parvient à porter ses nombreux projets, en les rapprochant dans son effervescence créatrice, sans jamais faire de grand écart pour passer de l'un à l'autre. L'urbancore et le cheesytunning sont-ils les catalyseurs de cette consubstantialité transgénérique ? 

Avec tout ce à quoi tu touches concernant la musique et tes activités qui s’y connectent, je ne sais par où commencer pour saisir qui se cache derrière ton blaze. Composition, chant, production, djing, rédaction et direction artistique chez MANIFESTO XXI jusqu'à l'été dernier et orga de soirée avec le crew CONSPIRATION... Ça fait beaucoup de casquettes ! De quelle manière ce déploiement d’activité a-t-il contribué à forger ton univers artistique actuel ?

Oui c’est vrai que j’aime bien entremêler les pratiques, expérimenter plein de choses… Toutes ces activités se nourrissent les unes des autres, et mes différents environnements influencent ma création. Ce côté pluridisciplinaire me permet de ne pas m’ennuyer ni m’enfermer dans une case.

J’imagine que ta facette de live performer et celle de DJ sont se nourrissent mutuellement à plusieurs niveaux. Comment t’y prends-tu pour développer ces deux projets en parallèle ?

Je passe une grande partie de mon temps à découvrir, écouter et analyser des sons en fait, ce qui me permet à la fois d’avoir des playlists de djing sans cesse renouvelées, et d’avoir toujours de nouvelles inspirations pour composer. En fonction des deadlines, j’organise au mieux le temps dont je dispose pour pouvoir avancer sur chaque aspect.

J’ai lu à ton sujet qu’on pouvait décrire ton univers comme de l’URBANCORE. Ça te parle ?

Urbancore oui, j’aime bien l’expression, je parle souvent de cheesytuning aussi. J’ai à la fois une facette héritée de la culture hip-hop, dans laquelle j’ai été plongée jeune et qui est ma trame de fond, un côté hardcore et club qui vient de ma fréquentation des soirées techno/rave, et enfin un côté plus mélancolique et mélodique qui vient de mes influences pop.

C’est à Rennes que tu as fait tes débuts sous le nom de scène The Unlikely Boy. Comment as-tu commencé à jouer et à te produire en DJ set ?

J’ai commencé la musique très jeune, suivi des cours dans de multiples institutions, puis eu de nombreux groupes, c’est dans le prolongement de tout ça qu’est venue l’envie de créer mes musique de A à Z de manière autonome, de me mettre à la production, et au djing pour pouvoir avoir un moyen de partager toutes mes découvertes musicales et faire de la scène en attendant de reconstruire un live solo.

 

Nous concernant, on a découvert tes sets lorsque tu jouais B2B avec Scarlet de CONSPIRATION sous le blaze de Vödkabanane. Quel regard portes-tu sur cette période ? C’était le temps des premières scènes parisiennes, non ?

Je jouais déjà à Paris avant Vödkabanane, mais la rencontre avec Scarlet (Océane Lebrun) a été très importante pour moi, j’étais très heureuse de pouvoir retravailler avec quelqu’un dans la musique car la solitude commençait à me peser, et j’ai appris plein de choses à ses côtés car elle a une culture club (ainsi que musicale et technique) très riche. On se mettait pas mal la pression parce qu’on voulait faire les choses bien, mais on a aussi passé de super moments en dj set, en soirée, à Paris et ailleurs ensemble. Ce duo a aussi été un catalyseur pour la création de Conspiration.

Musicalement, tu orientes tes productions destinées au clubbing vers la hard dance, le gabber et le hardstyle. Pour toi, que représentent ces styles de musique dans un monde où la techno est devenue plus qu’un business ?

J’ai très peu de recul sur l’évolution du monde de la techno car je ne suis arrivée que très récemment dans cette sphère. Je n’étais pas du tout familière du milieu club avant d’arriver à Paris et de traîner dans les soirées queer. Et puis la techno a toujours été une musique trop froide pour moi, alors que dans le hardcore (etc...), j’ai retrouvé cet aspect mélodique, festif, coloré qui me tient à coeur.

Je crois que pour la prod, tu fais partie de la team Ableton. As-tu quelques petits conseils / tips pour des tracks qui sonnent hard ? Des VST incontournables pour des kicks qui dégomment, des synthé de killer et des bass qui font mal au limiteur ?

Yes, team Ableton en effet ! ;) Pour toper des super samples percussifs (et n’importe quel autre type de samples dont je peux avoir besoin), perso j’ai un abonnement Splice en ligne, où pour une petite somme je peux télécharger jusqu’à 100 samples par mois parmi des milliers d’échantillons sonores sans cesse actualisés. Pour les synthés, j’ai toujours bossé avec le VST Omnisphère, que je trouve incroyable.

Moment coup de cœur : donne moi 3 tracks qui seront toujours sur tes clés USB.

Si on parle du registre hardcore / hard dance, en voilà 3 que j’aime vraiment beaucoup :

 

Noisecontrollers - Pillars Of Creation :

F8trix - Bang The Underground :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rebourne - Stay With Me :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De plus en plus d’évènements - à Paris et en province - sont labellisés « queer » sans pour autant revêtir ne serait-ce qu’un semblant de cadre politique / politisé. Que penses-tu de ce phénomène qui tend à invisibiliser le travail des collectifs qui se bougent pour que la fête reste politique dans la communauté TPG ?

Je pense qu’il existera toujours un underground qui défend des valeurs ancrées spécifiques et un milieu mainstream commercial de la fête, beaucoup moins attentif à toute autre problématique que le lucratif. Après, ce qui fluctue, c’est la tendance, or ces temps-ci le queer est devenu une sorte de "mode stylée" pour le grand public, ce qui vient perturber les équilibres underground. Tout en apportant un éclairage sur notre communauté, ce qui ne nous est pas que néfaste non plus, soyons honnêtes, car ça vient nous visibiliser aussi. Mais comme toute tendance, ce phénomène va cesser à un moment donné, il faut juste être patient je crois et laisser passer cette vague.

Si demain tu avais carte blanche pour organiser un gros zbeul, ce serait quoi ta programmation ?

Carte blanche pour un gros zbeul… mhh… Pour le côté hardcore / hard dance / gabber / trance : Aamourocean, Krampf et Die Klar. Pour le côté techno melodic rave : Trym, NTBR, Umbraid. Et enfin pour la touche reggaeton / caliente : King Doudou et Gaia Barella, on aurait de quoi kiffer sale je pense !

Une idée de ce qui t’attends pour les prochains mois ? Qu’est ce qu’on peut te souhaiter avant de te quitter (et de te retrouver pour faire la teuf) ?

Pour les prochains mois, des dj sets et live toujours, une première mixtape rétrospective d’une dizaine de mes titres rap du début jusqu’à aujourd’hui avec des exclus, je poste régulièrement des freestyles sur Instagram aussi, et enfin je vais également faire des sorties club plus régulières sur mon soundcloud, orientées melodic rave, dont la première arrive très très vite !

👉 pour suivre KELYBOY sur les réseaux :

[ FB ] : https://www.facebook.com/kelyboydj/

[ SC ] : https://soundcloud.com/kelyboydj

⛥⛥⛥  S T A Y  W E I R D  ⛥⛥⛥

© KLUB666 

  • SoundCloud sociale Icône
  • Facebook Social Icône
  • Instagram