© KLUB666 

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© Otto Zinsou

Lorsque nous avons vu poper le blaze du DJ parisien TRANSTERROR, nous avons été curieux.ses de savoir à quoi ressemblait son univers. Nous avons pris beaucoup de plaisir à nous laisser porter par la narration de la retro-rave qui s'immisce dans la construction de ses sets dont le choix des tracks est à elle seule un voyage sidéral à travers l'âge d'or de la musique de club. Rencontre avec un artiste qui régénère la techno oldschool de la plus belle manière.

Il y a un an déjà, lorsqu'il est venu poser du son lors d'une de nos soirées à Bordeaux, l'ami VIKKEN nous a fortement conseillé de te suivre... Et il a eu raison car nous sommes totalement tombé.e.s sous le charme de ce que tu proposes dans tes mixes. Comment ça a commencé pour toi le djing ? 

Ahah bah cimer Vikken. C'est Sophie Morello, mon Sugar Daddy, qui m'a fait rentrer dans le game en me faisant mixer à la Kidnapp de soutien pour la première édition du char Trans-Gouines, elle m'a filé pas mal de tips pour mixer, puis j'ai fait d'autres set pour d'autres Kidnapp ensuite, et parallèlement j'ai commencé à avoir d'autres propositions. Et au bout debout de 3 dates elle m'a foutu moi et mon frère Kiddo en Warm Up de la Wet de la Pride. C'était ouf...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est vrai que depuis tes premières dates, tu t'es installé dans le paysage des fêtes parisiennes avec un bel enchaînement : les innombrables cartes blanches à La Mut, la Tragedy, un set sur le char Trans-Gouines pour la pride, la closing de The Peacock Society en b2b avec Pasteur Charles (sur la même affiche que Marcel Dettmann svp), la closing de la Jeudi OK  aux cotés de VIKKEN, MARION, NICOL, MAXIME IKO et DIE KLAR, le Paris Night Market Pride (où tu ouvrais le bal avant le set de ton Sugar Dad Morello), la célébration des 1 ans de la Confess... Qu'est-ce que ça t'évoque ce petit bilan ?

Wah ça fait chelou de voir tout aligné comme ça ahah, j'avais pas vraiment réalisé. Franchement je suis hyper content et reconnaissant pour tout ça. Notamment envers Audrey (aka la DJ Pepiita), la programmatrice de À La Folie, qui m'a donné une place de résident, puis toute la super team de À La Folie en général. La soirée où je me suis le plus éclaté, c'était clairement à la Shemale Trouble de rentrée en septembre à la Station. Et je retiens particulièrement la teuf de soutien de la première marche Trans/inter à Bruxelles, au Barlok, où j'avais été super bien accueilli...

Tu as donc eu plein d'occasions de tâter les ambiances de différentes teufs se définissant comme queer ou queer-friendy. Que peux-tu nous dire sur l'effervescence parisienne autour de soirées se réclamant de cette vague militante ?

Y a de plus en plus de soirées queer qui émergent, et pas qu'à Paris d'ailleurs ! Ça fait du bien de se réapproprier nos soirées et de pas laisser le terme "queer" aux orga "queer lifestyle" dont les soirées sont composées à 90% de mecs cis-blancs-gays (quand c'est pas majo hétéro) avec des prix d'entrées et de consos qui sont souvent carrément indécents.

Quand on revendique son événement comme étant queer, le minimum c'est de pratiquer des tarifs qui restent accessibles même aux plus précaires. Faut aussi qu'il y ait une vraie mixité dans le public. Pour moi une soirée réussie ne se fait pas sans personnes racisées, trans, gouines. Et pour ça, faut se poser la question de comment on fait. Si on a pas de personnes concernées dans l'orga, on essaye à minima de bosser sur le projet avec des gens concernées, on monte un line up qui représente vraiment cette diversité et on prévoit tout pour que le jour J les personnes se sentent le plus à l'aise possible en faisant des toilettes mixtes, un coin chill où les gens peuvent souffler, une équipe de médiation visible à qui on peut s'adresser en cas de conflit pour pas se retrouver seul-e si on se fait agresser, mais aussi on rend le lieu accessible aux personnes en fauteuil/béquilles.

Globalement, faut aussi revoir la question des lieux qu'on investit, qui sont souvent des clubs qui exploitent les gens qui font le ménage et les gens qui bossent derrière le bar. C'est des endroits pas queer de base qui, en plus, ramènent un public hétéro rarement respectueux avec des vigiles qui te fouillent à l'entrée. En vrai, y'a des endroits à investir même si c'est pas Paris intramuros, ce qui est cool, parce que ça ramène aussi un public de banlieusards. On a monté un festival TPG de 3 jours à Montreuil en Novembre, Avides Tempêtes, c'était vraiment hyper cool tout était à prix libre, y'avait des ateliers politiques, des discussions, des performances, des DJ set, des projections...

J'aimerais bien voir plus de collab entre les orgas, y compris au delà des villes...

Te concernant, tu es out en tant que dj trans. En quoi est-ce important de revendiquer la manière dont tu te définis dans le milieu de la nuit en tant que personne et en tant qu'artiste ? 

J'ai commencé à mixer plutôt en début de transition, la musique et la transidentité sont vraiment centrales dans ma vie. Je suis vraiment content d'avoir choisi un nom revendicatif, et "terror", ça fait aussi vénère que ma colère politique et que la musique que j'aime passer. Et surtout j'ai pas envie de passer pour un mec cis... trop la honte ahah.

D'ailleurs y a de plus en plus d'initiatives de meufs dans la musique pour faire de la solidarité féminine, visibiliser les meufs et je trouve que c'est vraiment cool, mais déjà qu'elles incluent rarement les meufs trans, la plupart du temps, les personnes transmasculines sont exclues. Ça me fout vraiment en colère parce qu'en tant que mec trans, je suis loin des privilèges des mecs cis. Quand je suis derrière les platines, on m'accorde la même crédibilité qu'aux meufs (c'est à dire très peu, puisque j'ai régulièrement des mecs des orgas ou autre qui s'invitent derrière les platines et touchent aux EQ par exemple, et qui me disent quoi faire, avec des conseils foireux à 95% du temps), je suis pas plus sollicité pour mixer en soirée que les meufs, et bien souvent je récolte une petite dose de transphobie, parfois seulement maladroite, parfois plus vénère. Du coup c'est fatiguant de toujours avoir à se justifier au près des meufs pour trouver sa place à un endroit où on est plus que légitime. En attendant faudrait monter des réseaux de solidarité TPG dans la musique.

Du coup, oui, c'est important pour moi de revendiquer mon identité trans et notamment de personne transmasculine parce que dans la musique et bien au delà on manque vraiment de visibilité.

 

 

 

TRANSTERROR @ KINDERGARTEN (Paris)

© Jean Ranobrac

 

 

Sur les line up, tu es souvent présenté comme amoureux inconditionnel de la techno oldschool. D'où te vient ce kif pour ce genre de sons ?

Quand j'ai découvert les vieilles acid lines des 303, ça m'a vraiment rendu ouf, puis les vieux tracks New Beat, Acid House, Trance, j'adore vraiment ça. Y'a un côté kitsch mais y a aussi cette énergie de la musique Rave en général qui peut être à la fois très énervée et aussi très solaire, ça transporte vraiment dans la fête et la bonne humeur. Avec ce genre de musique j'ai pas besoin de prod pour danser jusqu'à très tard (ou plutôt tôt d'ailleurs ahah). Je suis particulièrement inspiré par la culture rave Bretonne et Belge. Y a beaucoup plus de place pour ce genre de musique là bas qu'à Paris et sa techno pompeuse avec ses DJ qui se la pètent ahah. J'ai commencé à me familiariser à ce genre de sons en écoutant les set de Maud Geffray, j'me souviens de la première fois, grosse claque. Je suis toujours très fan de son taff de DJ et de productrice d'ailleurs.

Tant qu'on y est, donne moi 3 tracks qui représentent LA techno oldschool pour toi.

Y'a ces 3 tracks que je me lasse ni d'écouter ni de mixer et qui passent toujours hyper bien :

Avenue - Ice Cube (1991) :

 

NU-TRO-GEN - Rollin Reptiles (1992) :

 

 

DJ Marco Bailey - Scorpia (1996) :

 

 

 

Si demain tu avais carte blanche pour organiser une soirée home made, ce serait quoi ton line up ?

Alors j'y ai déjà pensé plusieurs fois parce que y'a des camarades qui savent me faire danser : les frères de kidnapp Juliette Ache et KIDDO, Naominitel j'ai adhéré DIREKT, Wan TZ, les DJ du label Technommunism (Claudiosaurus) et pour finir Pussylicious (résident de la Shemale) qui fait des set éclectiques cohérents et très énergiques !

Une idée de ce qui t'attend pour cette année 2020 ? Une incursion du coté de la production ? J'ai entendu parler d'un projet de vocals de Furbys capable de dire "Macron Démission"... 

Ahah ouais on y bosse... J'ai ma première date hors Paris en France ce mois ci, ce sera à Nantes pour la Sissies, j'espère faire d'autres dates ailleurs en France, retourner en Belgique et aller dans d'autres pays.

Pour ce qui est de la prod, c'est vraiment la priorité pour moi. Je bosse sur un EP qui devrait sortir sur le label Technommunism vers Mai.

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⛥⛥⛥  S T A Y  W E I R D  ⛥⛥⛥

Cover pour un set de TRANSTERROR à La Mutinerie 

(17 janvier 2020)